Nicolas Righetti

Né en 1967 à Genève, où il vit actuellement. Membre de l’agence Lundi13 depuis sa création, il travaille pour de nombreux journaux suisses et internationaux comme La Repubblica, Newsweek, The New Yorker, The New York Times, etc.

Ses travaux ont été exposés aux Musée de l’Homme de Lyon, Musée d’art contemporain de Barcelone, Musée du Design à Zurich, Musée international de la Réforme à Genève, Musée Kunst Haus à Vienne.

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Films

 

Transnistrie

 

La transnistrie est une longue bande étroite, d’un peu plus de 4000 km2, coincée entre la Moldavie et l’Ukraine. Un territoire de facto indépendant avec son gouvernement, son armée, son parlement, son président, mais reconnu par aucun pays. Intégrée par les soviétiques en 1924 dans la république de Moldavie, la Transnistrie est occupée pendant la seconde guerre mondiale par la Roumanie du gouvernement fasciste d’Antonescu puis libérée par l’armée rouge en 1944.
En 1990, face aux velléités d’indépendance de la Moldavie roumanophone, l’URSS en pleine déliquescence encourage les slavophones de Transnistrie à l’autonomie. La RMD (République moldave du Dniestr) est proclamée le 2 septembre 1990.

Bientôt, un début de conflit militaire a lieu avec la Moldavie nouvellement indépendante jusqu’à ce que la 14ème armée russe dirigée par le légendaire général Lebed siffle la fin de la récréation et vienne protéger les transnistriens qui, en 2006, plébiscite à 97% le rattachement à la Russie.
Aujourd’hui, la Transnistrie se tourne plus que jamais vers Moscou, depuis que la Moldavie a signé un accord de coopération avec l’Union européenne. Une UE vue depuis Tiraspol comme à peu près aussi lointaine et inhospitalière que la planète Mars.

 

It brings to mind Tomania or Gondor, except that Transnistria really does exist. A strip of land wedged between Ukraine and Moldova, Transnistria gained independence in 1990. But no other nation recognises the country. Even its capital has a most unlikely sounding name, Tiraspol.
The breakaway state has a population of 550,000, according to the authorities, but far fewer if you listen to the people themselves. And they chose sides long ago. No to Europe. Yes to Russia. Transnistrians, the majority of whom are Russian-speaking, took up arms against Romanian-speaking and Western-leaning Moldova.

A sneering observer might compare Transnistria with the fictional setting of an operetta. But the more attentive eye will see a colourful people who didn’t want to be left behind by history. Transnistrians dream
of ecology, tourism, starting from scratch… and are sure of one thing. In the West, they will only ever be considered second-rate citizens. Back in Soviet times, they could travel halfway around the world. Today, their passport gets them nowhere.

 

 

Visite guidée en Corée du Nord

 

Fruit de plusieurs voyages en Corée du Nord, ce film n’est pas un reportage sur le dernier Paradis Socialiste du monde. C’est avant tout le regard personnel d’un photographe occidental fasciné par un mystère, une énigme qu’il décode peu à peu, avec méthode. Puisque tout le visible n’est qu’une magistrale mise en scène, Nicolas Righetti se concentre sur les escamotages grandioses et les efforts démesurés du protocole, érigés là au rang d’œuvre d’art.

Il s’est ainsi retrouvé propulsé dans l’enclos de la propagande, acteur malgré lui, alors qu’il avait pour objectif de mettre lui-même en scène les protagonistes de ce dernier retranchement stalinien. Le voici constamment filmé, interviewé, photographié par la presse et la télévision. Son statut de “Chef de Délégation”, invité par le gouvernement nord-coréen, rivalise avec celui d’un ministre en visite officielle au paradis.

 

 

Production artistique dans les squats de Genève

 

Production artistique dans les squats de Genève, un moyen d’intégration social ?
Dans les année 90 à Genève les squats se multiplient dans la ville. Après les revendications du logement, les squatters enchaînent les spectacles et les créations originales. A travers des témoignes d’artistes-squaters, ils démontres que le squat peut être une passerelle entre la recherche de soi à travers la création; qui va permettre, pour certains une intégration social et professionnelle dans notre société actuelle.

 

 

Crucifixion

 

Ce film a été tourné à San Lorenzo Tezonco, petit village en périphérie de Mexico city.La commémoration de la crucifixion commence le dimanche des Rameaux. Trois mille personnes sont massées devant le Golgotha de San Lorenzo. Fernando ( Jésus ), recru de fatigue, mort de soif, est couché à plat ventre dans la poussière au sommet de la butte. La sonorisation tombe en panne, quelqu’un, discrètement, glisse une pastille dans la bouche de Fernando pendant que les apôtres et une kyrielle de jeunes vierges se regroupent en prières autour de Marie accablée de douleur.
La sonorisation, crépite, crachote et fonctionne à nouveau, à ce signal, simultanément, les deux larrons mis en croix sont dressés face au public qui se presse contre la butte. Beaucoup d’excitation autour de Jésus auquel un membre du comité prodigue moult conseils. Jésus crucifié est dressé en force par une quinzaine de jeunes soldats vigoureux mais au moment où la croix s’enfonce d’un coup sec dans son logement, le socle se décloue. Suspendu par les bras en croix, la douleur le fait s’arc-bouter. Une clameur immense monte de la foule. Il est soutenu par la plante des pieds par des dizaines de mains pendant que d’autres reclouent le support.

Après les sept paroles prononcées et le coup de lance fatal, Jésus perd connaissance. Deux ambulanciers en faction se frayent un chemin entre les acteurs et dressent rapidement une échelle en aluminium contre la croix. On descend Jésus en douceur à l’aide de longues pièces de tissu blanc passée sous les aisselles. Il est déposé sur un brancard pour y être ranimé.